Quel est l’intérêt d’un budget vert si personne ne le comprend ni ne le suit ? Un tournant stratégique pour le Sénégal

En 2024, le Sénégal a franchi une étape majeure en publiant un document budgétaire appelé « Budget Vert ». Avec une structure claire et rigoureuse, ce document aborde des enjeux essentiels comme les défis climatiques, l’état de l’environnement dans le pays, les responsabilités des ministères concernés ainsi que les mesures macroéconomiques et fiscales liées à l’action climatique. Il traduit aussi l’engagement du Sénégal envers les accords internationaux, notamment l’Accord de Paris.

Dans ce cadre, près de 49 milliards de FCFA ont été alloués par le gouvernement à des programmes de transition écologique et de résilience climatique. Une part importante de cet investissement cible la reforestation, la protection de la biodiversité, la réduction de la pollution et la coordination institutionnelle — des domaines jugés stratégiques pour le développement durable.

Des défis environnementaux concrets

Le changement climatique représente une menace sérieuse au Sénégal, affectant fortement plusieurs secteurs, notamment l’environnement, l’agriculture et la santé publique. Cette vulnérabilité s’explique par une longue façade maritime et une forte dépendance aux ressources naturelles pour l’alimentation, l’emploi et la croissance, dans un contexte de transformation structurelle lente. La montée des températures, la baisse des précipitations et l’érosion côtière — qui menace jusqu’à 75 % du littoral — mettent en péril la population et les actifs nationaux.

Un outil encore méconnu des citoyens

Malgré son importance, le Budget Vert reste largement inconnu du grand public, notamment des jeunes. Son contenu technique, son vocabulaire complexe et l’absence de communication simplifiée le rendent peu accessible. Résultat : un document censé guider la politique publique environnementale n’est ni compris, ni questionné, ni suivi par la majorité des citoyens.

Les jeunes : acteurs ou simples spectateurs du Budget Vert ?

Il serait irréaliste d’imaginer une politique environnementale durable sans y associer les jeunes. Non seulement ils sont parmi les plus exposés aux effets du changement climatique, mais ils en subiront les conséquences le plus longtemps. Inondations, raréfaction des ressources, pollution, perte de biodiversité : leur quotidien, leurs communautés et leur avenir sont en jeu.

Pourtant, de nombreuses études et consultations publiques révèlent une forte déconnexion entre la prise de décision et la participation des jeunes. Lors d’une rencontre organisée par BudgIT Sénégal dans le sud du pays, un étudiant a confié qu’il n’avait jamais su comment étaient prises les décisions budgétaires en matière d’environnement. Grâce à l’éducation civique et aux outils proposés par BudgIT, il souhaite désormais s’impliquer activement.

Au Sénégal, les moins de 35 ans représentent la majorité de la population. Et pourtant, cette force démographique est largement absente des espaces de conception, de suivi et d’évaluation des politiques environnementales. Comment construire des politiques climatiques inclusives sans y associer ceux qui en hériteront ?

Impliquer les jeunes ne se limite pas à les sensibiliser : il s’agit de leur donner les moyens d’agir avec un langage budgétaire accessible, d’ouvrir des canaux de participation et de reconnaître leurs contributions, même informelles. Car la lutte contre le changement climatique ne peut être gagnée par les seuls experts. Il faut construire ensemble, et offrir aux jeunes une vraie place à la table pour qu’ils soient pleinement impliqués et véritablement entendus.

Envie d’en savoir plus ?
Consultez notre Document sur le Budget Vert ici.

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