65 ans après notre indépendance, il est inacceptable que certaines communautés sénégalaises restent appauvries et manquent de services essentiels tels que l’eau potable, une éducation adéquate, des services de santé appropriés et des moyens de transport fiables. Alors qu’un budget est prévu chaque année pour s’attaquer à ces problèmes, il est inquiétant de constater que le gouvernement ne parvient pas à respecter ses engagements budgétaires et à atteindre ses objectifs politiques. L’écart entre les intentions déclarées et la mise en œuvre effective a eu un impact sur le bien-être et la confiance des citoyens dans le gouvernement. C’est pourquoi nous devons donner la priorité à ces besoins essentiels et demander à nos dirigeants de rendre compte de leurs engagements.
Le Sénégal est divisé en 14 régions, 46 départements et 557 communes. Ces communes constituent la majorité de la superficie et de la population du pays. Cependant, elles manquent souvent de ressources essentielles, ce qui conduit certains à penser que le développement du Sénégal s’arrête au centre de Dakar. Malgré plusieurs réformes économiques proposées par trois gouvernements successifs, le Sénégal peine à répondre aux exigences de ses citoyens en matière de services adéquats. La réalité révèle souvent que si les budgets de fonctionnement des ministères, agences et autres départements sont dépensés de manière appropriée, les investissements dans les communautés sont souvent négligés. En outre, de nombreux projets annoncés restent inachevés ou abandonnés, sans que le gouvernement ne rende de comptes.
La situation sanitaire n’est pas meilleure : les femmes continuent d’accoucher sur des charrettes et perdent la vie en raison de l’insuffisance des infrastructures de santé. En outre, le Rapport sur la responsabilité en matière de santé 2022-2023, compilé par BudgIT et Enda, a révélé que le Sénégal disposait d’une fraction abyssale de centres de santé en 2023, avec une pénurie importante de fournitures médicales et de personnel. Coumba Guei, responsable régionale de BudgIT à Saint-Louis, a déclaré : « Nos centres de santé sont non seulement insuffisants, mais ils manquent également de matériel et de ressources humaines. Les communautés sont obligées de parcourir de longues distances sur des routes en mauvais état pour y accéder. Cela reflète notre échec, car les taux de mortalité maternelle continuent d’augmenter alors que les professionnels de santé qualifiés choisissent de rester à Dakar et d’aller à l’université ». Les observations de Mme Coumba sont étayées par les données de l’ANSD, qui montrent que le Sénégal est à la traîne en ce qui concerne la fourniture de services de santé adéquats.
Bien que la situation soit désastreuse, certaines mesures peuvent être prises pour atténuer les effets négatifs du système sénégalais défaillant. Pour parvenir à une restauration totale du Sénégal, nous devons d’abord investir dans l’éducation. Malgré le budget alloué à l’éducation nationale entre 2000 et 2024, le Sénégal reste confronté à des défis importants. Selon le ministère de l’éducation, le nombre d’abris provisoires pour les élèves est passé de 8 000 en 2012 à 5 000 en 2023, de sorte que de nombreux élèves continuent d’étudier dans des conditions inadéquates et insécurisantes. Non seulement l’environnement n’est pas propice à l’apprentissage, mais il y a aussi une pénurie notable d’enseignants. Saybou Badiane, directeur des ressources humaines au ministère de l’Education nationale, a indiqué qu’à la rentrée scolaire 2024-2025, il manquera 4 527 enseignants dans le système scolaire sénégalais. Cette situation est alarmante et le gouvernement doit agir pour éviter que le système éducatif ne se dégrade davantage.
Tous les citoyens ont des droits inaliénables que le gouvernement doit respecter et faire respecter. Parmi les droits les plus importants figurent l’accès à l’eau potable et à des installations sanitaires adéquates, essentiels à une vie saine. Les zones rurales et urbaines de la région de Kaolack semblent être parmi les communautés les plus mal desservies en termes de services d’eau et d’assainissement. Bien que le gouvernement de Diomaye Faye se soit efforcé d’organiser des consultations approfondies sur la manière de résoudre les problèmes d’eau et d’assainissement, des efforts plus stratégiques doivent être déployés pour éviter l’apparition d’épidémies ou de maladies qui pourraient handicaper davantage le Sénégal.
Dans le cadre de notre contribution à l’atténuation de ces problèmes, nous avons lancé Tracka, notre plateforme de prestation de services publics, afin de suivre les projets et d’exiger la transparence et la responsabilité des responsables gouvernementaux. Tracka permet aux citoyens d’agir pour le bien-être actuel et futur de leurs communautés. Depuis 2024, nos responsables régionaux et nos champions communautaires ont pris l’initiative de faire évoluer les mentalités en faveur de la participation citoyenne et d’exiger une meilleure prestation de services au Sénégal. Ils amplifient la voix des citoyens par le biais des médias sociaux, des radios communautaires et des engagements locaux, suivent méticuleusement les investissements en capital et insistent sur la transparence des allocations budgétaires au profit des citoyens.
Notre initiative souligne l’importance de veiller à ce que les fonds publics soutiennent la communauté et ne servent pas uniquement les intérêts de quelques privilégiés. Chaque citoyen mérite d’avoir accès à des services de qualité, et les autorités ont le devoir de rendre compte de leur gouvernance et de donner la priorité aux besoins de la communauté. Nous espérons que notre initiative conduira à un changement social positif où chaque citoyen sénégalais pourra accéder aux nécessités de base telles que l’eau potable, l’éducation et les installations de santé.
Nous sommes BudgIT Sénégal, et nous sommes unis pour promouvoir un Sénégal sain et durable !